07 avril 2009

Le discours de Dakar de ... Ségolène Royal

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On peut dire ce qu'on veut du discours de Ségolène Royal devant les socialistes sénégalais (et on ne se gêne pas d'ailleurs pour le faire, voir Monsieur Kouchner affirmant sur RTL ce matin que le discours de Nicolas Sarkozy avait été "mal compris", ce qui ne fait qu'ajouter de l'insulte à l'humiliation).

On peut dénoncer la démagogie, moquer la repentance, souligner l'opportunisme ou au contraire s'en réjouir comme Martine Aubry.

Il n'empêche que citer tout à la fois Cheikh Anta Diop, Joseph Ki-Zerbo, Patrice Lumumba, Leopold Sedar Senghor, Aimé Césaire ou encore Aminata Traoré, Didier Awadi et Tiken Jah Fakoli, mettre en avant la Charte du Mandé du XIIIème siècle, rendre hommage aux tirailleurs sénégalais et à ceux qui hébergèrent les Forces Françaises Libres, rappeler l'épisode tragique du camp de Thiaroye, dire des choses comme "C’est pour cela qu’il était si important de démontrer comme ils l’ont fait que la Grèce ancienne devait tant à l’Egypte ancienne qui elle-même devait beaucoup à l’Afrique. Ils ont montré que les langues africaines permettent le même déploiement de la rationalité humaine que les langues européennes.", ... ça n'est pas simplement rendre justice au berceau de l'humanité et de la civilisation, c'est surtout faire preuve d'une culture africaine renvoyant M. Henri Guaino à ses chères études et M. Sarkozy à une relecture plus attentive des discours que lui fournit ce dernier (dans l'hypothèse bien sur où il se serait agi d'une erreur et pas d'une stratégie délibérée !).

Quant aux poitevins,
ils peuvent être fiers que dans le cadre d'un programme de coopération décentralisée exemplaire (et reconnu comme tel par l'Unesco), la région du Saloum devienne "la première région du Sud à devenir neutre en émission de gaz carbonique".

Pour tout cela Madame Royal nous vous disons bravo et merci et nous associons pleinement à vous lorsque vous dites : "Pardon. Merci pour le passé. Et s'il vous plaît, pour l’avenir, bâtissons ensemble."

09 mars 2009

Les liens de la semaine (du 02 au 09 mars 2009)

Certains d'entre vous l'auront peut être remarqué, andandoo est aussi sur Twitter (cf colonne de droite) pour vous offrir une revue de presse forcément subjective.

Pour vous inscrire et nous suivre en direct : http://twitter.com/andandoo

- Guinée Bissau: le président Joao Bernardo Vieira tué par des militaires - http://tinyurl.com/ah8a8d
- Entrer dans l'histoire de l'Afrique - http://tinyurl.com/bucqzy
-
A Madagascar, le dialogue politique est au point mort - http://tinyurl.com/c8sluv
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A la recherche du pass du Fespaco… et de la voix des génies - http://tinyurl.com/dz6qy2
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Guinée-Bissau : l'assassinat du président plonge le pays dans la confusion - http://tinyurl.com/dx8283
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Moins de fric pour Africolor - http://tinyurl.com/d47nb8
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La CPI se prononce ce mercredi sur d'éventuelles poursuites contre Al-Bachir - http://tinyurl.com/cr7jbm
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La CPI émet un mandat d'arrêt contre le président soudanais - http://tinyurl.com/cr7jbm
-
Royal va prononcer à Dakar un discours sur l'Afrique - http://tinyurl.com/akdu5k
-
Le Gabon menace de sortir des "dossiers" contre la France - http://tinyurl.com/dbbt2w
-
L'Afrique de Guy Tillim : un continent à l'abandon - http://tinyurl.com/bngzwu
- Soudan : plus d'un million de personnes menacées par le départ des ONG - http://tinyurl.com/day7v4
- Sabeg relance les statistiques ethniques et rouvre le débat - http://tinyurl.com/bnekff
-
Le grand bond en avant des Chinois au Mali - http://tinyurl.com/degpdh
-
Zimbabwe - Accident de Tsvangirai : le MDC ne se prononce pas - http://tinyurl.com/dxv7wf
-
Le Festival Mondial des Arts Nègres 2009 en marche … Youssou Ndour ressuscite Bob Marley - http://tinyurl.com/ctau2f
-
"Teza" de l'Ethiopien Haïlé Gérima couronné au Fespaco - http://tinyurl.com/cdlpcv
-
Les nouvelles autoroutes africaines de la cocaïne - http://tinyurl.com/caa7ud
-
Madagascar • Le président Ravalomanana opte pour la répression - http://tinyurl.com/b9sol5

Bonne semaine !

01 février 2009

Situation insurrectionnelle à Madagascar : premiers dégâts collatéraux du néocolonialisme agraire ?

Madagascar

Quand la presse généraliste ne propose qu'une couverture superficielle des émeutes qui secouent actuellement Madagascar, certains nous offrent heureusement quelques clés pour mieux comprendre les raisons de la colère.

Le site Rue89.com, sous la plume de l'écrivain Jean-Luc Raharimanana, précise ainsi :

"Car la folie de Ravalomanana est montée d’un cran depuis juillet 2008, période où il a signé la cession des terres malgaches aux coréens de Daewoo. Ce qu’il faut savoir, c’est que Ravalomanana a modifié en profondeur le rapport aux propriétés foncières de l’île.

La location du million trois cent mille hectares à Daewoo intervient ainsi dans un contexte tendu que la création du ministère de la Réforme foncière, des Domaines et de l’Aménagement du Territoire n’a fait qu’aviver…

Pour les Malgaches tenant à la "terre des ancêtres", cette cession aux Coréens est une trahison irréversible du sacré, d’autant plus que Ravalomanana a caché l’affaire à la population, et il aura fallu que le Financial Times vende la mèche. Malgré le démenti gouvernemental et de Daewoo, l’affaire ne passe pas auprès de l’opinion publique, d’autant plus que de grandes quantités de terrain sont déjà cédées dans les régions concernées."

La tribune à lire dans son intégralité ici

Un commentateur renvoie également vers le site Topmada pour se "faire un réel avis sur ce qui se passe sur la Grande île".

30 janvier 2009

Thomas Sankara : Discours sur la dette africaine. Lumineux !

Thomas-Sankara

Les mots du Président du Faso, prononcés lors du Sommet de l'OUA d'Addis-Abeba en 1987, devant une assemblée mi-agacée mi-complice, frappent par l'évidence et la force de leur simplicité.

Tout est dit (ou presque) en une poignée de minutes. Sur la dette mais aussi sur le colonialisme, le capitalisme, l'exploitation, le sang versé, la réécriture de l'Histoire (révisionnisme ?), le développement endogène, les risques encourus, ...


 


Morceaux choisis : (transcription intégrale du discours sur Africamaat)

"Nous estimons que la dette s’analyse d’abord de par ses origines. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme . Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont ceux-là qui nous ont colonisés. Ce sont les mêmes qui géraient les États et les économies. Ce sont les colonisateurs qui endettaient l’Afrique auprès des bailleurs de fonds, leurs frères et cousins"

"La dette, c’est encore les néocolonialistes ou les colonisateurs qui se sont transformés en assistants techniques. En fait, nous devrions dire qui se sont transformés en assassins techniques. Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement, des bailleurs de fonds, un terme que l’on emploie chaque jour comme s’il y avait des hommes dont le bâillement suffisait à créer le développement chez d’autres."

"La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également."

"Ceux qui nous ont amenés...ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme dans un casino. Tant qu’ils gagnaient, il n’y avait point de débat. Maintenant qu’ils ont perdu au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise. Non, Monsieur le président, ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu. Et la vie continue."

"
Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous en avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme."

"Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne pouvons pas payer le dette, non pas dans un esprit belliqueux, belliciste, ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serais pas là à la prochaine conférence"

"Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu de l’importer".


Si l'on vient d'assister, 30 ans plus tard, à l'élection du premier Président noir des Etats-Unis d'Amérique, Thomas Sankara, homme intègre au pays des hommes intègres méritait, plus que quiconque, de devenir le premier Président noir des Etats Unis d'Afrique.

Un certain Blaise Compaoré n'était visiblement pas de cet avis. Lui ... et quelques autres !

via nettali.net

28 janvier 2009

Mamadou Dia : de l'art d'avoir raison ... un demi-siècle trop tôt

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Mamadou Dia, ancien Premier Ministre du Sénégal, s'est éteint le 25 janvier à Dakar, à l'âge de 98 ans.

Sa nécrologie - publiée dans Le Monde - passe en revue un parcours exemplaire quoique semé d'embûches, des plus hautes sphères du pouvoir (il fut donc Président du Conseil des Ministres au Sénégal mais aussi sénateur français puis député de l'Assemblée Nationale française de 1949 à 1956) jusqu'à la "déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée" de Kedougou. Enfermé en 1963, "il ne recouvrera la liberté qu'en 1974 avant d'être gracié deux ans plus tard"

Au-delà de la rivalité politique qui l'opposait à Leopold Sedar Senghor (rivalité dont Cheikh Anta Diop avait aussi - avec des conséquences moins dramatiques - fait en son temps les frais), on apprend que ce sont peut être les choix économiques de cet ""humaniste marxiste, instituteur de formation" qui lui valurent son éviction.

En effet, "économiste se réclamant du socialisme, il préparait la sortie planifiée de l'économie arachidière bâtie par le colonisateur français et défendait le développement d'une agriculture vivrière. Un clivage que la récente crise alimentaire a fait resurgir au Sénégal."

Par ailleurs, "dans un ouvrage publié en 1961, il analysait la difficulté des civilisations africaines à admettre "le fétichisme de l'argent qui est la grande tyrannie des civilisations dites évoluées" tout en "accusant le régime de défendre la bourgeoisie au détriment des masses".

A ses qualités de visionnaire, d'économiste avisé et d'homme intègre, il ajouta sur la fin de sa vie la grandeur d'âme puisqu'il "avait manifesté une "immense tristesse" lors de la mort du président Senghor en 2001".

Que la terre lui soit légère.

[edit] Le Maodo s'est effacé, par Abdou Latif Coulibaly (Sud Quotidien)

27 janvier 2009

Fuite des cerveaux vers l'Afrique ? (France 24)


via nettali.net

26 janvier 2009

La Fiat 131, une voiture pour homme, une voiture pour Bob !!


Parce que c'est tellement bon de rire parfois ...

22 janvier 2009

L'arbre qui cache la forêt

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Au lendemain de l'investiture du premier président noir américain, 3 liens qui nous rappellent - s'il en était encore besoin - qu'en matière de discrimination et de développement, l'essentiel reste à faire.

- Jean-Claude Narcy, commentant sur TF1 l'intervention d'Aretha Franklin précédant la prestation de serment de Barack Obama : "On devait chanter comme ça dans les champs de coton dans le temps". Ceci sans que Mme Rama Yade ne s'en émeuve. A (re)voir ici

- Les produits dérivés "Y'a bon" de Banania resteront en vente. Le MRAP, qui reprochait au célèbre fabricant de cholocat en poudre de commercialiser des objets portant le célèbre slogan, a été débouté par la justice.

- Pour l'Afrique, horizon 2353. C'est la date à laquelle l'Afrique subsaharienne devrait atteindre un indice de base des capacités (
fondé sur trois critères : mortalité des enfants de moins de 5 ans, achèvement de l'enseignement primaire et naissances médicalement assistées) acceptable.

29 décembre 2008

Du discours de Dakar au néocolonialisme agraire

Quelques courtes réflexions avant de refermer la page 08, avec la ferme résolution cette fois-ci de tenir le rythme - je m'y engage en tout cas auprès de mes 3 fidèles et bien aimés lecteurs, Alex, Satyam et Etum, que je remercie au passage pour leurs encouragements ô combien précieux ;-)

- Ce blog est resté, après un départ prometteur, largement inactif tout au long de cette année. Il a pourtant continué à drainer quelques lecteurs (égarés ?) dont 99,9 % envoyés par Google sur la base des mots clés "L'Afrique répond à Sarkozy", titre du livre réponse d'éminents intellectuels africains au discours de Dakar de Nicolas Sarkozy.

- L'une des raisons qui ont conduit à son redémarrage (encore timide) est le retour insidieux d'un colonialisme agraire, dont le rachat par le conglomérat sud coréen Daewoo de plus d'un million d'hectares de terres arables à Madagascar n'est sans doute que le premier et symbolique épisode.

- Il n'est pas un guide du parfait blogueur qui n'insiste lourdement sur la nécessité d'agréger et de fidéliser une communauté et ne recommande, pour ce faire, d'encourager la dite communauté à donner son avis et ainsi d'engager un débat ou - en termes moins polémiques - de lancer une conversation.

Dont acte. Bouclant la boucle et soucieux d'être enfin digne en 09 du dynamisme et de la qualité de la blogosphère africaine, je me permets donc de vous poser la question suivante :

Suis-je le seul à établir un lien direct entre la stigmatisation sarkozyenne du paysan africain "qui n'est pas assez entré dans l'Histoire", qui "ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles", ce paysan qui "reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être écrit d'avance" et qui "jamais [...] ne s'élance vers l'avenir" parce que "jamais [...] ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin" et la spoliation à laquelle nous sommes en train d'assister, dans l'indifférence quasi-générale ?

S'agissait-il, avec le recul, de l'erreur forcément excusable d'un omniprésident bien trop occupé pour relire la prose d'un conseiller décidément mal inspiré ? Fallait-il simplement mettre ce discours honteux sur le compte d'une coupable méconnaissance d'un continent dont on juge pourtant les ressources naturelles tellement dignes d'intérêt ? Se pourrait-il au contraire que ces mots aient été pesés, soupesés même, au service d'un plan, d'une offensive dont nous constatons aujourd'hui les premiers effets réels ?

Alex, Satyam, Etum - et vous qui passez par ici - je compte sur vous pour me laisser ici votre avis et m'aider à faire de cet espace le lieu de discussions aussi enfiévrées qu'il se doit :-)

Bonne année à tous ... ou bon courage, c'est selon !

22 décembre 2008

Victor Démé, une bonne raison pour recommencer à acheter des CD

 

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(c) Chapa Blues Records

Il aura fallu 30 ans pour que le blues-folk mandingue de Victor Démé dépasse enfin les frontières de Bobo-Dioulasso et de son Burkina Faso natal.

Il aura surtout fallu l'initiative de quatre français (dont Camille Louvel, David Commeillas et les activistes de Soundicate), créateurs pour la circonstance du label Chapa Blues Records (de nombreux autres artistes burkinabés à découvrir d'urgence dans leurs liens) pour qu'à nouveau l'envie nous prenne de renouer avec notre disquaire préféré.

Burkina, patrie des hommes intègres et des voix qui désintègrent ...

Djôn’maya / « Le mépris. »
« Ne vous moquez jamais de votre prochain, ni du pauvre, ni du miséreux. Ne profitez jamais de sa faiblesse, car demain, vous pourriez être à sa place, et lui à la vôtre. Dieu n’aime pas quand vous l’oubliez. »

12 minutes au Burkina dans les pas de Victor Démé

Le myspace de Victor Démé
Le site de Chapa Blues Records
Acheter l'album sur le site de Makasound
Télécharger l'album sur le site de Musicarium

 

Ni afro optimistes ni afropessimistes

Afro inconditionnels

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